CRITIQUE DU FILM : #DIVINES (2016) – Article sans spoilers

Récompensé par la palme d’or lors du festival de Cannes en 2016, Divines est un long-métrage qui n’a plus besoin de faire ses preuves. Réalisé par Houda Benyamina, ce film franco-qatari raconte principalement l’histoire de Dounia, une adolescente de 16 ans, qui n’a en tête qu’un seul objectif : Se faire de la Money, vite et en quantité. Et pour se faire, accompagné de sa fidèle amie Maimouna, les deux adolescentes iront proposer leurs services à Rebecca, une dealeuse du coin. Mais la vie de dealer requière des qualités, des ressources et des responsabilités, qui s’avèrent être plus difficile à assumer qu’il n’y parait. Surtout lorsqu’un danseur au comportement suave et intrigant vient s’ajouter au plan initial. Alors que faire, lorsque notre rêve le plus cher semble être enchaîné à une ancre dont on ignore comment déverrouiller la césure ? Couler avec ou lâcher prise ?



Correctement faire la critique d’un bon film sans spoiler, selon moi ça signifie : – Réussir à faire croire à celui qui ne l’a jamais vu, qu’il l’a déjà regarder et qu’il a tellement apprécié, que maintenant il ne désire plus qu’une chose, c’est de le regarder à nouveau. Et pour arriver à cela, rien de tel que de décrire les émotions que le film nous a fait ressentir durant et après son visionnage.


Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler du film Divines, accessible depuis maintenant quelques mois, sur la plateforme de streaming : netflix. Pour être honnête, je n’avais pas l’intention de faire une critique de ce film. J’avais entendu dire que la fin était triste et comme j’avais précédemment publié deux autres critiques de films dont les fins ne sont également pas roses, ça ne me branchais pas de le faire une troisième fois. Mais finalement, au bout de quelques minutes de visionnage, arrive une scène qui me fait revenir sur ma décision. Et cette scène, c’est celle dans laquelle Dounia (l’un des personnages principaux de l’histoire) se dispute avec une femme de façon virulente. J’ignore d’ailleurs, si cette femme est une enseignante travaillant au sein du lycée ou s’il s’agit d’une professionnelle extérieur, venu apporter aux jeunes des ressources dans un domaine de travail en particulier. Cela ne retire absolument rien à la scène, mais ce n’était pas précisé. Qu’importe, j’ai trouvé Oulaya Amamra tellement impressionnante lors de ce passage, que je me suis dit que la suite ne pouvait être qu’aussi bien. Du coup, j’ai repris le film depuis le début et je l’ai visionné tout du long avec un œil critique, cette fois.


« Mon frère, c’est mon oseille ! »  – Rebecca 


En agissant comme si tu savais tout, tu finiras par te rendre compte que tu ne sais rien. C’est l’une des choses que ce film raconte, au travers d’une ado aveugler par la misère et persuadé que de dealer lui fera retrouver la vue. Quitte à négliger quelque chose d’encore plus précieux que la Money : La Vie. Oui, mais quelle vie ? Et à quel prix ? Comment peut-on s’en sortir quand la marginalité dans laquelle on vit ne dépend pas de soi ? Que faire quand nos plus proches exemples ne sont que tristesses et désespoirs ? Il y a t-il une échappatoire ? Pourtant, Dounia et son amie Maimouna ont tout pour réussir. Elles sont, entreprenantes, malines, courageuses et débrouillardes. Mais le problème est, qu’elles vont vouloir aller trop vite.


Si ce film était une citation, il serait : « Fais attention à ce que tu souhaites, car cela risquerait de t’arriver » et je me permets même d’ajouter « Fais attention à ce que tu fais... » . Divines à tout du long, cet effet « d’écho » voire de double échos, caché dans certains dialogues et dans certaines scènes. Cela n’a pas du tout été intégrés de manière bêtement répétitive au contraire, cela s’inscrit de sorte telle, à ce que ces scènes et ces dialogues, répondent de façon plus ou moins implicites, aux personnages, en leurs soufflants des mises en gardes. Mais bien sûr, ceci, on ne le comprend qu’à la fin, comme bien souvent des choses d’ailleurs.


J’ai beaucoup lu et étendu que ce film était considéré comme un film politique. D’une certaine façon, c’est vrai. Je ne me lancerais pas sur ce sujet, car selon moi presque tout peut être considéré comme politique, dans une certaine mesure. Mais au vu du politique dont il était question, je dirais qu’avant même d’être ça, Divines nous montre de manière explicite que les jeunes sont les nouveaux modèles des jeunes. Et je doute que Houda Benyamina, ait tourné ce film de sorte à ce que ce message en soit le principal.

Mais c’est en tout cas ce qui m’a d’abord sauté un peu, aux yeux. Dans la « hiérarchie des exemples » , les jeunes sont les nouveaux adultes, modèle de réussite et de courage surtout. Cela se ressent énormément dans la scène qui m’a fait changer d’avis. Cet écœurement qu’éprouve Dounia envers « les larbins de la société« . Ceux, qui à ses yeux, ont décidé de rester impassible, face à une vie qu’eux même savent misérable, ou tout juste tolérable. Ce n’est pas ce qu’elles veulent, ces filles. Ce qu’elles veulent c’est, être vu, compter, briller, vivre et non survivre.


Ce film est drôle, triste, dénonciateur, revendicateur et féminin. Si les drames, ce n’est pas trop votre tasse de thé, donné lui tout de même sa chance, car il mérite d’être vu au moins une fois. Je l’ai trouvé dur, mais pas plus que d’autres drames cinématographiques. Certains passages, ont presque réussit à me faire oublier que je regardais un film. C’était comme si, la caméra, était témoin et non directrice, je ne se sais pas si vous vouez ce que je veux dire. Divines, est un petit bijou, réalisé et écrit par Houda Benyamina, mais également par Romain Compingt et Malik Rumeaude, de façon fluide et sincère. Bien sûr, je développerais beaucoup plus, dans mon autre article (qui devrait arriver incessamment sous peu), avec spoilers cette fois.

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