BALLOTTAGE & DÉMÉNAGEMENT : Comment, ne pas être trop troublé ?

Salut ! Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de déménagement, parce que je suis moi-même une personne qui a pas mal déménager dans sa vie, mais aussi parce que je pense que quand on est jeune et que l’on a déjà déménagé d’assez nombreuses fois, il peut-être compliquer de s’épanouir et de trouver une certaine stabilité. C’est pourquoi, dans cet article, je vais un peu plus me livrer à vous, en espérant que si vous êtes un jeune, un ado, ou même un parent et que vous et votre enfant avec beaucoup déménagés, y trouvé [dans cet article] peut-être, un début de réponse aux ressentis de votre enfant. Bien qu’on soit tous différents ! Mais je pense que les jeunes qui vivent des choses semblables, se posent le même type de questions.

En tout, j’ai vécu dans trois pays différents. J’ai fréquenté lors de toute ma scolarité, trois écoles primaires, deux collèges, un lycée et une université. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis antillaise, plus précisément Martiniquaise. Et je vis actuellement en Martinique. Et les deux autres pays dans lesquels j’ai vécu sont la Guyane et la France. J’ai vécu la majeure partie de ma petite enfance à Bagneux, dans le 92. Puis, de mes sept à quatorze ans, j’ai vécu en Martinique. Ensuite, de mes quatorze à dix-huit ans, j’ai vécu en Guyane. Et depuis ça, je suis retourné sur mon île et je ne l’ai pas encore quittée.

Quand on déménage souvent, notamment lorsque ce périple commence à un jeune âge, il est difficile… en tout cas, il a été difficile pour moi, de trouver ma place et d’accepter tous ces changements. Le déménagement que j’ai le plus difficilement digéré, à été le premier. Malheureusement, j’ai toujours déménagé à des périodes de ma vie qui était charnière. De mes 0 à 7 ans j’ai vécu dans un endroit, puis de mes 7 à mes 14 ans dans un autre, puis de mes 14 à 18 ans dans un autre, pour finalement me retrouver sur une île, qui certes, est la mienne, mais que au final, j’ai découverte avec des yeux et une mentalité de près-ado/adolescente. Surtout que ma première fois ici, ne s’est pas bien passé.

Première photo : Luc Boegly / Deuxième photo : Jean-Emmanuel Hay

Chaque déménagement à été pour moi une amputation. Avec le recul et la maturité, j’arrive à mettre des mots sur les émotions que j’ai ressenti et les effets que tous ces déménagements ont provoqués sur moi. Et même si du haut de mes 23 ans (bientôt 24), je reste persuadé que tous ces ballottages ont eux pour effets de casser quelque chose en moi, je peux aussi amèrement dire et reconnaître, qu’ils m’ont également apportés pas mal. La phrase bateau, que je pourrais dire et que l’on connaît tous, c’est :  » Sans eux, je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui« . Mais c’est un peu le cas.

Le ton de cet article sera très différent des autres. Je vais commencer à m’exprimer avec beaucoup de certitudes. Je n’ai pas la science infuse, mais je ne suis pas non plus bête. Mes déménagements, m’ont appris à observer et écouter. Et surtout à m’écouter. Et maintenant que je me connais mieux, il y a certaines choses que je peux dire.

Le lieu de vie, l’équilibre de l’environnement dans lequel on évolue influence énormément sur notre personnalité et notre vision du monde. Et quand tu n’as pas de repère fix, il peut être assez compliqué de s’enraciner dans un mode de vie, dans une voie et aussi de grandir avec des convictions. Puisque un jour tu es là, l’autre là-bas et tu ignore où tu seras la prochaine fois. Et ça n’a jamais cessé de remuer en moi, même lorsque je restais habiter plus de deux ans dans un endroit. J’avais constamment des questions qui s’entre-choquaient dans ma tête. Je suis enfant unique et à Bagneux, je ne me sentais pas comme telle. J’avais quitter un endroit dans lequel j’étais apprécié, pour aller emménager dans un endroit, où on ne voulait pas de moi.

Maintenant, je sais. Maintenant, je sais que tout ceci n’était qu’une étape à passer. Et je peux dire que, le seul vrai attachement qu’il est nécessaire de cultiver, est celui qui nous accroche à nous-même. Car où que j’aille, la seule personne que je ramenais avec moi, c’était moi. J’ai perdu des jouets, égarer des cahiers de devoirs, retrouver des photos… Mais moi, j’étais constamment là. En moi sonnaient deux chants. Un, qui me disait qu’il fallait que je retourne à la maison (la France) et l’autre qui me faisait comprendre que je n’avais pas de maison. Jusqu’à ce que je comprenne, que c’est à moi de créer cette maison.

Je peux dire maintenant que le sentiment que j’avais à l’époque, c’était celui qu’on me refusait d’être heureuse. Comme si, on me retirait quelque chose. Peut-être, que ceux qui sont content de déménager on l’impression d’avoir une nouvelle chance, mais pour moi ce n’était pas le cas.

Vous l’aurez compris, cet article s’adresse plus au adolescent et jeunes enfants, qu’adultes. Car en général, il est plus facile pour nous de gérer un déménagement, car la plus part du temps il s’agit d’un choix.

C’est tellement désagréable de savoir qu’on aurait pu mieux faire. Et aussi de savoir à un instant T, qu’un comportement ou qu’une attitude qu’on a, n’est pas la bonne et malgré tout resté dans cette mauvaise énergie. Pour au final, se retrouver à penser  » J’aurais du mieux agir  » tout en parvenant difficilement à digérer sa déception. Voire qu’on s’est laissé allé, sa joue sur notre estime de nous-même. Mais l’estime de soi, ça se regagne. Tu n’as pas perdu, t’en que tu as encore la possibilité de faire des efforts.


J’ai eu la chance de grandir dans trois beaux endroits, tous très différents, sur divers points, les uns des autres. À l’époque, je ne me rendais pas compte de tout ce que ces déménagements allaient débloquer en moi. Déménager et grandir avec des cultures et des personnes différentes, affines notre vision et nos goûts. C’est comme si, pour chaque lieu de vie, un nouveau palier était atteint. Après, quand tu es plus âgé, le déménagement ne provoque pas en toi, les mêmes émotions et sensations, c’est claire. Mais vivre ailleurs, apprendre à vivre d’une autre façon. Une sorte de case-départ, dans laquelle tu te sers de tes expériences passées.


Voici la fin de mon article. J’espère qu’il vous a plu. Au final, je ne vous donne pas de conseils spécifiques, parce que la vie n’est pas un contrôle de math. On a tous des exercices et des leçons différentes, que l’ont vie à des périodes différentes de notre vie et de manières différentes et vous vous connaissez mieux que je vous connais. Mais parfois, sous certains aspects, je pense qu’il est plus facile d’apprendre et de grandir en écoutant ou en lisant le parcours de quelqu’un d’autre. Je ne pense pas être la personne la plus inspirante du monde, mais il est clair que j’ai beaucoup appris de mon petit parcours. Et à mon échelle, j’espère pouvoir aider et motiver quelque-uns. Merci de m’avoir lu. 

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