STEVE ‘FOLA’ GADET : l’auteur derrière les éditions café noir

Comment voulez-vous votre café ?

Steve Gadet est un enseignant-chercheur, écrivain, maître de conférences et MC Martiniquais originaire de la Guadeloupe. Passionné depuis très jeune par l’écriture, c’est pourtant le métier de journaliste qui lui faisait de l’œil dans sa jeunesse. Que cela ne tienne, la non-concrétisation de ce premier rêve a engendré la matérialisation d’un autre, celui d’être enseignant. À tout juste 42 ans, celui que l’on surnomme Fola possède à ce jour une vingtaine d’ouvrages dans le répertoire de sa propre maison d’éditions Café Noir. De la fiction, en passant par la poésie et des essais percutants, Steve confie ses maux dans ses livres et se livre au mot juste à ses fidèles lecteurs depuis désormais un peu plus de cinq ans.

Mais n’ayez crainte, que vous le préfériez noir, long ou bien con leche, les registres des éditions Café Noir, sont assez gourmands pour que vous les dégustiez.

Me concernant, c’est avec la casquette de professeur de première et deuxième année d’université que j’ai eu l’opportunité d’apprendre à le connaître. Que ce soit à travers son style vestimentaire ou par sa façon de diriger un cours magistral, Steve Gadet à toujours su détonné et se faire remarquer (positivement). Il m’est parfois arrivé de ne pas être d’accord avec certains de ses avis, mais hormis ça, c’est un enseignant qui a toujours su laisser la porte ouverte au débat et à l’échange. Et ça, c’est très appréciable.

Mon livre préféré de lui est « Hors de la Lutte ». Car quand je l’ai lu pour la première fois, j’ai eu le sentiment que ce livre m’était adressé. Vous devez vous aussi connaître ce sentiment étrange. Celui qui lorsque vous écoutez une musique, vous donne la sensation que le chanteur s’est inspiré de votre propre vécu. Eh bien, ça m’a fait un peu la même chose avec « Hors de la lutte« . Cet ouvrage m’a permis de réaliser pas mal de choses et a également réussi à me rassurer et me motiver à reprendre ma vie en mains. De ce fait, je vous le conseille. Mais pour ne pas uniquement vous citer ce livre, sachez que j’ai également pas mal apprécié «Est-ce que ça va marcher ?». Pour moi, les conseils présents dans ce livre ne sont pas juste applicables au commencement d’une relation, mais aussi durant tout le temps que celle-ci durera.

SHORT INTERVIEW

Pourquoi avoir choisi comme nom de maison d’Éditions : Café Noir ?

Premièrement, le café est l’un de mes breuvages favoris. J’aime en boire le café à jeun en lisant ou en écrivant. J’ai commencé à en boire lorsque je rédigeais ma thèse de doctorat. Mes sens sont en éveille quand j’en prends et j’apprécie beaucoup ce petit moment. Et concernant l’adjectif noir, je l’ai choisi car, la diaspora noire me parle et m’intéresse énormément.

Est-il difficile de maintenir son statut d’auto-éditeur ?

Dans mon cas, non, car je suis également enseignant et donc j’ai une autre source de revenus. De plus, être à la fois éditeur et auteur a un côté très stimulant. Toutefois, je n’ai jamais trop apprécié le côté administratif de la chose et la paperasse. Donc il est vrai que parfois, cela peut être un peu barbant. Mais j’ai une assistante qui fait un très bon boulot et me mâche pas mal le travail.

Quels types de contraintes rencontre-t-on lorsque l’on est son propre patron ?

La gestion du temps et savoir sortir la tête du guidon. Le manque de recul peu facilement nous empêcher inconsciemment d’arpenter d’autres horizons et façon de travailler. On peut également parfois être laxiste sur certaines choses. C’est aussi l’un des inconvénients à être son propre patron. Me concernant la motivation ne me manque pas, mais ça fait toujours plaisir de voir que l’on est soutenu.

Existe-t-il un lien entre le métier d’enseignant-chercheur et celui d’auteur ?

Absolument ! L’écriture, la recherche et le fait de communiquer par exemple. Je pense aussi qu’il faut avoir le goût des autres.

Est-ce qu’écrire vous aide à mieux penser ?

Sans hésiter, oui ! Ça donne une autre clarté de penser. Et je le constate dans ma façon de m’exprimer à l’oral, car écrire m’aide à mieux analyser une situation, un sujet, ça m’aide également à mieux débattre et argumenter. Écrire est une activité chronophage.

Voyez-vous la vie comme un livre ou bien est-ce tous les livres que vous lisez et écrivez, qui vous insuffle une façon de vivre ?

Les livres ont eu et ont toujours un impact très important dans ma vie. Pas mal de mes décisions importantes, je les ai prises à la suite de certaines de mes lectures, quelles aient été très bonnes ou mauvaises. Les livres m’aident à former ma pensée et à prendre la parole.

Quel est votre livre préféré parmi les vôtres ?

Souvent, mon livre préféré, est le dernier que j’ai sorti. Durant un quelque temps ça a été « Discours sur le néocolonialisme. » Il a été publié l’année de mes 40 ans et pour moi il représente le livre de la maturité. Néanmoins, si je devais vraiment choisir, actuellement, je dirais « Lettre à Tupac ».

Que pensez-vous des étudiants antillais et comment vous sentez-vous lors de vos cours ?

J’aime avoir un public, je suis plus à l’aise en présence des étudiants que face à leurs copies. Cela dit, je ne me suis pas toujours senti très confortable face à certaines questions. Mais à force de travailler, je le suis devenu. Concernant les étudiants antillais, je pense qu’ils ont leurs propres défis. Défis que parfois, ils subissent, mais souvent, ils ont la réponse à ses défis. Malgré l’immobilisme qu’il peut y avoir parfois entre générations, je trouve qu’ils s’en sortent assez bien.

CONTACT

steve.gadet@gmail.com

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