Leçons de la philosophie : « L’inconscient » [01]




CE QUE JE PENSE DU SUJET de L’INCONSCIENT :


Bien que le thème de ce premier article sur la philosophie ait été choisi par mes followers instagram, je le trouve sincèrement intéressant. L’inconscient est selon moi, une des bases et un des piliers mythiques et mystiques de la philosophie. Au cours de mes 24 pages de lectures, j’ai pu apprendre, m’interroger, répondre à mes propres questionnements et surtout oser faire l’innommable, c’est-à-dire : remettre en doute les dires et découvertes des philosophes les plus connus, populaires et reconnus de l’histoire.

Dites-moi quels sont vos philosophes préférés si vous en avez. Est-ce que la philosophie est un domaine qui vous passionne ou pas du tout ? Trouvez-vous les découvertes philosophiques intéressantes et utiles ?

Résumé DU SUJET

C’est à partir d’une « erreur de Descartes » que Leibniz a pu mettre en lumière en 1714 que ce qui était alors nommé perception à l’époque englobe tout état mental conscient ou inconscient et ce, chez tous les êtres capable activité spirituelle. « Petites perceptions », c’est le nom qu’il donne aux perceptions inconscientes. Pour lui, les cartésiens ont fait preuve d’une grande maladresse en affirmant que là où il n’y a pas de pensée consciente, il n’y a pas de pensée du tout. Cependant, bien que les recherches de Descartes soient contredites par ses confrères, notamment celle visant à affirmer que l’âme est radicalement distincte du corps, et que forcément, une perte de conscience équivaut à une mort de l’esprit, elles permirent aux philosophes suivants, de prendre en compte l’idée que la mort entraîne la disparition de l’âme ou de l’esprit. Le sujet de l’inconscient tel qu’on le connaît actuellement et en grande partie dû à la psychanalyse de Freud et les travaux de Leibniz.

L’inconscient n’est pas juste un état obscur de notre moi intérieur. Comme il est inscrit plus haut, cela peut être aussi les petites et les grandes perceptions du quotidien. Comme par exemple le bruit d’une scie. Je cite : «… chaque dent de la scie paraît en effet ne faire aucun bruit […] Si nous n’ajoutions pas sans nous en rendre compte le bruit provoqué par la première dent, quand elle entre en contact avec le morceau de bois que la scie va couper en deux, à celui que suscitera la deuxième dent, puis chacune des autres dans ce qu’on peut bien appeler alors l’« inconscient […] » (Leçons de la philosophie, Odile Jacob, Paris p.112).

L’inconscient est vu comme un acquis non re-négociable de la pensée contemporaine, mais cela marque un virage si radical dans la réflexion de l’être humain sur lui-même que tout le débat récurrent sur l’humanisme s’est vu bouleversé. Maintenant que l’inconscient rentre en jeu et que la conscience qui était jusqu’alors considérée comme la caractéristique la plus humaine qui soit rétrograde, doit-on craindre de futures difficultés concernant le jugement des comportements douteux, odieux et misérables de l’Homme ? Selon Leibniz, l’inconscient n’est pas aussi fermé qu’on pourrait le croire à la conscience. Néanmoins, dans ses essais, Freud énonce la difficulté qu’ont certains contenus psychiques à venir à la conscience. Comme par exemple, éprouver des difficultés à essayer de comprendre nos lapsus. Selon Freud, le refoulement produit l’inconscient. Et ce dynamisme psychique est régi selon lui par : « Le principe du plaisir ». Ce principe du plaisir, on l’a depuis notre plus tendre enfance. À travers nos pulsions, nos désirs et nos tendances, l’excitation qu’ils créent en nous poussent à en éprouver la satisfaction. Et si pour une raison ou pour une autre, cette énergie (communément appelé Libido) s’accumule dans notre conscience et n’est pas expulsée, cela devient très très désagréable et crée le refoulement. En gros, inconscient égal désirs refoulés. Afin de mieux schématiser l’appareil psychique de l’être humain, Freud a habillé sa théorie en différenciant trois instances psychiques, qui sont : le moi, le ça et le surmoi. Le moi équivaut à l’ensemble des processus conscients, le ça aux processus inconscients et le surmoi correspond à la conscience morale. De ce fait, les névroses, les rêves, les actes manqués, les lapsus et autres compromis sont le résultat d’une friction entre le ça et le surmoi. Et pour régler tout ça, il faut faire passer l’inconscient à un état conscient. Autrement dit, je cite : « …le mieux que nous puissions faire pour lui (le malade) est, dans notre rôle d’analyste, de ramener à un niveau normal les processus psychiques de son moi, de transformer ce qui est devenu inconscient, ce qui a été refoulé, en préconscient pour le rendre ainsi au moi. » (Abrégé de psychanalyse, Paris PUF, 1949, p. 50-52).

Inconscient descriptif : Qui n’est pas encore conscient, comme une sorte de préconscient

Inconscient dynamique : Un inconscient actif (le « ça » de Freud)


Le saviez-vous ? L’inconscient existe aussi au sens large. Karl Marx l’appelle l’« Inconscient social ». Selon lui, la conscience est d’abord construite et manipulée de l’extérieur. Ce thème voit le jour durant la période marxisme sous forme de concept, et est communément appelé « conscience de classe ». En résumé, un individu vient au monde sous la dépendance des conditions sociales spécifiques au groupe auquel il appartient. La conscience de classe alias la conscience bourgeoise se nomme ainsi, car cette conscience appartient, je cite aux « … propriétaires des moyens de production dans une société capitaliste… » (Leçons de la philosophie, Odile Jacob, Paris p.110), autrement dit, les riches dirigent ce monde. Cela dit, Marx insiste sur le fait que cette conscience est fausse et qu’elle est le résultat d’une idéologie de ce qu’est la bourgeoisie. Il dénonce de ce fait l’assujettissement d’une conscience. Le terme « lutte des classes » découle de cette théorie et de ce terme découle des enjeux tels que : l’économie capitaliste, la domination politique et la conquête des consciences.

Louis Althusser, représentant du marxisme français décrit les écoles, la presse et les médias comme étant des « appareils idéologiques d’État ». Tous ces enjeux créent l’aliénation économique, qui engendre à son tour l’aliénation idéologique (voir schéma). Globalement, toujours selon Marx, la conscience mystifiée (ou la fausse conscience) est une inconnue pour elle-même, tout autant que la conscience présente dans la théorie freudienne qui se croit être et devoir lutter contre son inconscient. De ce fait, l’homme est-il le sujet de sa propre histoire ? Une simple démystification sociologique, permettrait-elle à l’Homme de pouvoir mettre le doigt sur ce qui le hante et donc d’enfin pouvoir s’en émanciper ? Idéalement, je cite : « La fin de la lutte des classes ouvrirait la voie à la reconstruction progressive d’une conscience libérée de l’idéologie qui l’assujettissait. » (Leçons de la philosophie, Odile Jacob, Paris p.122).

Inspiré de Nietzsche, Freud et Marx, Michel Foucault avait pour projet de sortir « L’inconscient de la science », c’est-à-dire, de remplacer la fameuse question philosophique « qu’est ce que… ? », tout particulièrement présente dans les premiers dialogues de Platon (ex : qu’est-ce-que la vertu?), par : « qu’est-ce qui… ? ». Selon ses dires : « le pouvoir est partout et se produit à chaque instant… ». A noter que cette démarche foucaldienne est inspirée de Gilles Deleuze quand il écrit : « Toute forme est un composé de rapports de forces ».

Plus loin dans le livre, à la page 124, il est inscrit que dans son livre de 1979, Bourdieu entend que l’affirmation d’un goût pour une musique, exprime de façon insidieuse une stratégie de distinction sociale. Autrement dit, je cite : « l’inconscient […] correspond à l’ensemble de ces structures sociales incorporées que sont nos habitus… ». Mais avant de faire des conclusions trop hâtives, il important d’intégrer à notre réflexion une figure déconcertante de l’inconscient : l’inconscient biologique.

« Le choix que chacun fait de lui-même coïncide absolument avec sa destinée. » – Baudelaire


François Jacob, Prix Nobel de médecine en 1965 a expliqué que depuis l’incroyable avancé de la biologie, l’organisme est apparu comme étant « la réalisation d’un programme prescrit par l’hérédité ». En gros, avant même de venir au monde, notre futur et les étapes de notre développement sont déjà inscrits dans nos chromosomes. Mais de quelle façon le patrimoine héréditaire vient-il bousculer les traits caractéristiques et le comportement d’un individu ?

La neurobiologie a elle aussi son terme approprié, et il s’agit de l’« inconscient cérébral ». Pour la première fois, des travaux de chercheurs en neurologie ont pu mettre en lumière une origine biologique et génétique à certaines formes névrotiques d’anxiété et des troubles maniaco-dépressifs. Bien que des progrès et des précisions restent en cours de développement, la biologie fait désormais partie de l’interprétation des comportements humains dans la sociologie et la psychologie. Et pourtant, la philosophie contemporaine continue de se poser pas mal de questions autour du sujet de l’inconscient. Peut-on et doit-on approfondir les recherches au risque d’une subversion radicale ?

Car au fil des ans, le débat contemporain entre les philosophies du sujet face à l’inconscient, ne fait qu’insister sur le fait que l’individu est irréductiblement en incapacité de coïncider avec lui-même. De ce fait, il [le sujet] serait contraint d’apparaître uniquement comme étant qu’ « illusion inhérente a la spéculation de métaphysiciens… ». Toutefois, malgré les doutes possibles, Karl Popper énonce que le caractère non-scientifique de la psychanalyse est démontré par son infalsifiabilité.

De son côté, Jean-Paul Sartre décida de rétrograder Freud, mais surtout sa psychanalyse au rang de simples suppositions infondées, en se basant sur les écrits de Wilhelm Stekel dans La Femme frigide, je cite : « Chaque fois que j’ai pu pousser mes investigations assez loin, j’ai constaté que le nœud de la psychose était conscient » qui rétrospectivement, se trouve être un argument assez faible et qui plus est, a été présenté par un psychiatre viennois concurrent malheureux de la psychanalyse freudienne. Hormis ceci, Sartre émet une théorie assez intéressante, celle que l’inconscient serait en fait une conscience qui choisit de ne pas s’affirmer comme conscience. Autrement dit la « mauvaise foi » ou un degré intermédiaire de conscience.

« Où ça parle, l’homme n’existe plus »Michel Foucault

Pour conclure, afin de vous donner de quoi cogiter voici une petite idée de questionnement face à l’inconscient, je cite : « si je ne peux assurément pas prétendre à « être » sujet, au sens où je soutiendrais par là que je suis toujours entièrement transparent à moi-même et intégralement maître de mon destin, l’idée de sujet a-t-elle pour autant perdu nécessairement à mes yeux toute signification et toute fonction ? » (Leçons de la philosophie, Odile Jacob, Paris p.132).

Demandez-vous si l’inconscient à une place importante et si elle est valide ou pas. Doit-il [l’inconscient] nous empêcher de dénoncer et décrire les choses horribles qui se passent et la déshumanisation qui est infligée aux êtres humains qui se voient refuser de façon despotique, tout droit de réclamer d’être traité comme des individus maîtres de leurs pensées et de leurs actes ?

+ « L’homme est-il mort ? » (entretien de Michel Foucault avec C. Bonnefoy), Arts et Loisirs, no 38, 15-21 juin 1966, pp. 8-9.
[livres et texte cités dans le chapitre de l’inconscient, dans l’ouvrage Leçons de la philosophie]
⚠️ Pour connaître mon avis sur l’inconscient, rendez-vous page 3 ! ⚠️

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