CRITIQUE DE FILM (DISNEY) : ENCANTO, LA FANTASTIQUE FAMILLE MADRIGAL

⚠️ cet article contient des spoilers ⚠️

Il y a un peu plus d’un mois de ça, je suis allée au cinéma pour regarder Encanto. Ce n’est pas un film que j’avais particulièrement hâte de voir, mais Disney reste une compagnie dont les sorties cinématographiques m’intriguent toujours autant. J’en savais donc assez peu à propos de ce film hormis le succès planétaire d’une chanson en particulier intitulé « We don’t talk about Bruno ».

J’ai pris mon temps avant de sortir cet article pour diverses raisons. Mais d’un côté, je suis contente d’avoir pu le prendre pour digérer mon visionnage. Pas qu’Encanto soit un film difficile de compréhension, absolument pas. Mais étonnamment même après qu’autant de semaines se soit écoulées, je me souviens encore très bien du film. J’ai donc eu le temps de me remémorer des scènes, de comprendre certaines choses tout ceci afin de pouvoir vous les étayer.

Rentrons dans le vif du sujet !


LES QUALITÉS


LES VISUELS / L’UNIVERS

Il ne me semble pas avoir vu une seule scène où l’image était statique plus de deux secondes. Le travail qu’a demandé ce film est colossal et cela se remarque dès les 20 premières minutes. Encanto est visuellement parlant un très beau dessin animé. Les couleurs sont chatoyantes et ne jurent pas les unes par rapport aux autres bien qu’il y en ait beaucoup, tout le temps. Les personnages sont beaux, et ils se ressemblent ! Pour des membres d’une même famille, je trouve ça hyper cool de pouvoir se faire cette réflexion sur un dessin animé.


L’HISTOIRE

L’histoire est émouvante et assez différente de ce qu’on a l’habitude de voir chez Disney. Ici, une mère, puis grand-mère veuve, fait tout son possible pour que sa famille (et son village) ne manque jamais de rien. J’ai trouvé la symbolique de la flamme très représentative de l’émotion que l’on se tue (sans mauvais jeu de mots) à garder envie lorsqu’une tragédie telle que celle-ci survint dans sa propre famille. La flamme représente la vie et l’espoir. Elle y réside en chaque personnage, elle brille d’une lueur plus ou moins forte selon chacun et elle demeura tant qu’une cohésion sera maintenue.


LES PERSONNAGES

Il y en a pour tous les goûts. Une fille sans pouvoir et avec des lunettes, une fille aux allures de princesse, une fille forte, un transformiste, etc… et ça fait plaisir. Les personnages noirs tels que Félix le mari de Pepa et la petite fille du trio d’enfants qui ne cesse de demander à Mirabel de dire quel est son pouvoir, sont réellement beaux et attachants.

Tout ça pour dire que, j’ai trouvé qu’absolument tous les personnages ont une narrative intéressante et ils sont également d’une certaine importance, même ce n’est pas toujours évident .

Pourquoi je dis qu’Encanto est différent ? Parce que je l’ai trouvé assez cru. Bien sûr, Pocahontas existe, Blanche Neige et Le Bossu de Notre-Dame également. Mais depuis la sortie de Rebelle, j’ai cru percevoir un virage significatif chez Disney. Il y a toujours cette dimension magique et une énorme part d’imagination dans tous les films parus depuis 2012, mais je trouve que les personnages principaux sont de plus en plus humains, et avec de plus en plus de problèmes en corrélation avec la (« vraie ») vie.

Par exemple : 1. Dans Coco, la famille doit faire face à un meurtre. 2. Dans Rebelle, mère et fille ont des conflits et des discussions auxquelles je pense, beaucoup de mère et fille dans la vraie vie peuvent s’identifier. 3. Dans Les Indestructibles 2, la famille doit déménager, et tente de se construire une nouvelle vie avec de nouvelles identités. On est également témoin de la crise d’adolescence de Violette et Flèche. 4. Dans Soul, un homme fait tout pour réaliser son rêve, bien qu’il ne soit plus tout jeune…

J’espère être claire. De plus, il y a également de plus en plus de personnages principaux qui sont des garçons ou des hommes. Je serais presque tenté de dire que Disney s’humanise doucement, mais sûrement. À voir sur le long terme si c’est quelque chose qui sera bénéfique pour l’industrie.

D’ailleurs, pour rester dans ce sujet, je trouve qu’Encanto a des similitudes avec les films : Coco et Rebelle ! Que ce soit au niveau du visuel ou au niveau de l’histoire. Cette constatation n’est pas un reproche, au contraire. Réussir à allier, solitude, perte d’un membre de la famille, rejet et remise en question sur une seule œuvre en l’espace d’une heure et demi, c’est un challenge assez difficile qui je trouve, a été réalisé d’une main de maître.

Les similitudes avec Coco ? : 1. Le fait de se reconstruire après un deuil ; Après la mort physique (Hector) ou sociale (Bruno) d’un membre de la famille. Miguel dans Coco est l’enfant un peu têtu qui va réussir à ressouder les liens familiaux. Et c’est exactement ce qui se passe dans Encanto avec Maribel. 2. L’importance de la musique ! Dans Coco, la grand-mère ne souhaite plus entendre une seule note de musique, car elle est reliée à de mauvais souvenirs. D’un autre côté, chez la famille Madrigal, la musique est omniprésente. D’ailleurs, vous savez ce que signifie Madrigal ?

Madrigal (def de larousse.fr) : Genre poético-musical, polyphonique ou monodique, pour voix, avec ou sans accompagnement instrumental.

Les similitudes avec Rebelle ? : 1. La fratrie qui est dissoute ! Dans Rebelle, le père de Mérida lui raconte l’histoire des trois frères. Des fêlures semblables existent entre Bruno, ses sœurs et sa mère. Sauf que les raisons ne sont pas les mêmes. Bruno est un membre de la famille qui est différent des autres, un peu comme Mirabel. C’est très certainement l’une des raisons pour lesquelles c’est elle en particulier qui part à sa recherche. Pourtant, il a un pouvoir contrairement à elle, sauf qu’il n’a pas le bon pouvoir. Ce qui fait d’eux des marginaux, en particulier Bruno.

Mais que ce soit dans Rebelle ou dans Encanto, c’est la matriarche de la famille qui exerce une pression sur une descendante féminine. Dans Rebelle, le roi n’est pas autant affecté (de façon négative) émotionnellement parlant par les choix de sa fille, comparé à sa femme.


L’UTILITÉ DES 3 PREMIERS POUVOIRS OU COMMENT (ESSAYER DE) SURVIVRE À UN DRAME

Je ne sais pas si vous avez prêté attention à la symbolique des trois premiers pouvoirs des membres de la famille Madrigal. Premièrement, ce sont les enfants d’Abuela qui ont eu un pouvoir et elle n’en a pas vraiment, si on regarde bien. Alors, oui ! Certes, elle est la détentrice de la bougie, sans elle la bougie se meurt un peu, mais Mirabel a démontré qu’elle n’est pas l’unique raison pour laquelle la flamme continue de briller. Cette flamme est le résultat d’une unité.

Je continue mon explication. Les trois premiers pouvoirs, c’est-à-dire celui de Pepa, de Bruno et de Julieta, sont le résultat des nécessités inconscientes d’une famille détruite. Je m’explique ! Imaginez que vous ayez été frappé par le même mal qu’Abuela et que du jour au lendemain vous vous retrouviez veuve, avec trois enfants et toute une vie de brisée ? Quel(s) souhait(s) auriez-vous fait pour vous-même et vos enfants ?

Vous auriez très certainement souhaité que les membres de votre famille ne tombent jamais (gravement) malade, être en capacité de voir l’avenir afin de pouvoir éviter tout autre tragédie et aussi pouvoir maîtriser la météo, qu’il fasse toujours soleil (littéralement et métaphoriquement).

Ces trois choses sont, vous l’aurez compris les pouvoirs de Julieta, Bruno et Pepa. Après un tel drame, la seule préoccupation est de prendre soin de sa famille. D’autres alternatives sont difficilement envisageables. Abuela a donc dû endosser le rôle du père, tout en ayant celui de la matriarche. Et dans ce sens, je trouve que Disney a fait un travail remarquable. Chaque pouvoir est utile et à une signification. J’ignore si c’est le pouvoir qui donne sa personnalité au personnage ou si c’est l’inverse, mais dans tous les cas, chaque membre de la famille Madrigal est unique et à des caractéristiques qui sont nécessaires à l’équilibre d’une famille. Comme quoi, la différence n’est pas synonyme de déséquilibre.


AVIS PERSONNAGES

ABUELA

Mon avis sur Abuela est assez mitigé. D’un côté je comprends les critiques qui disent qu’elle a eu un comportement indécent envers son seul fils, et d’un autre côté j’essaie de me mettre à sa place et me demande comment est-ce que j’aurai réagi ? Pas facile ! Mais son personnage est capital !

BRUNO

Bruno est un personnage dont l’histoire m’a fait de la peine. On ressent bien que la rupture avec sa famille l’a affecté et pourtant son personnage fait preuve d’une grande maturité (ou d’indulgence ?) et il ne semble pas (trop) en vouloir à sa mère et à ses sœurs.

CAMILO

Camilo est mon personnage favori ! Il est drôle, espiègle et très théâtral dans sa façon d’être. Il faut dire que son pouvoir est assez spécial. Il est celui qui arrive à détendre l’atmosphère et sans son personnage, l’histoire aurait eu une dimension plus sombre.

ANTONIO

Antonio est adorable ! Il a indirectement beaucoup aidé Mirabel à s’émanciper. Après tout, l’histoire s’ouvre sur la découverte de son propre pouvoir. Il est l’un des éléments additifs de toute cette histoire. Probablement que sans lui cette famille aurait continué à intérioriser pas mal de choses, et ce pendant encore un petit moment.

ISABELA

J’aime beaucoup Isabella. C’est une petite princesse pour moi. Elle pourrait avoir sa propre histoire. Je la trouve belle et vaillante. Elle me fait un peu penser à Raiponce et ce n’est pas juste à cause de ses cheveux.

LUISA

Luisa est un personnage très passionnant. Elle est la première à avoir vu le jour après la tragédie. Elle a dû (sup)porter beaucoup. J’aime l’idée que la force nécessaire pour supporter une charge mentale telle que celle-ci soit représentée sur son physique. C’est bien la première fois que Disney crée un personnage féminin à la fois fort mentalement et physiquement. J’aime beaucoup ! Et en plus de ça, elle est très douce et attachante.

JULIETA

Les parents de Mirabel sont vraiment super ! Ils sont doux et aimants. Je n’ai pas grand-chose d’autre à dire à part que je les trouve très avenants et d’une bienveillance à toute épreuve.

DOLORES

J’aime beaucoup Dolores ! Je la trouve drôle bien que ce soit malgré elle. Elle a une personnalité assez discrète et elle est plutôt impartiale face à tout ce chaos. Dans la chanson, « Ne parlons pas de Bruno » son couplet démontre un discours factuel. Elle est à la fois passive et pragmatique. Et puis, entre nous, elle a un visage tellement charmant.

PEPA

Pepa et Félix ont une dynamique de couple qui me fait rire ! Je les trouve vraiment rafraîchissants. Félix est le mari prêt à tout pour sa femme, et Pepa est la mère très émotive et qui s’inquiète un peu trop pour ses enfants. Leurs enfants d’ailleurs ont tous trois des personnalités très distinctes mais également complémentaires.


MIRABEL

Mirabel est le personnage principal et je la trouve superbe ! Elle est optimiste, intrépide, jolie et drôle. Et malgré tout, elle a un pouvoir. Celui d’aider à ressouder les liens familiaux. Non, ce n’est pas un pouvoir magique. Mais sa bonté et son amour sincère pour ses proches lui ont permis de réussir là où les autres ont échoué.


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